photo It’s the end of the amusement phase

It’s the end of the amusement phase

Strasbourg 67000

Du 06/02/2026 au 07/02/2026

Quelle nouvelle phase après celle de l’amusement ? Pas une nouvelle ère, justement, mais un voyage déréglé dans le temps, une suite de sauts temporels, qui sont aussi ceux des danseuses, épuisants, et de langue, épurée. Chez Chara Kotsali, qui dit venir d’un lieu du Sud qui n’a jamais envoyé de fusée dans l’espace, le carburant est un savant mélange. Des corps tout d’abord, dans une chorégraphie coupée au cordeau qui cite macarena et parades militaires, manifestations de masse et aérobic (lorsque Kim Jong-il rencontre Jane Fonda), danses rituelles et pom-pom girl (mais n’est-ce pas finalement la même chose ?). Du son ensuite, soundtrack fait de tous les bruits du monde. Des mots enfin, ceux d’une poésie musicale qui scande les dates : celles des révoltes de la grande Histoire (1789, 1949, 1989), celles qui ponctuent l’histoire intime. Récit de soi autant que récit du monde, cette chronologie alternative est un travail de mémoire en forme de sample, qui nous rappelle que l’Histoire n’est pas linéaire, mais que c’est nous qui en écrivons la logique.

photo Qui a peur

Qui a peur

Strasbourg 67000

Du 06/02/2026 au 07/02/2026

À l’hiver 1951, James Baldwin séjourne durant deux semaines dans le village de Loèche-les-Bains. Venu pour y travailler à son premier roman, La conversion, il y sera l’intrus noir dans la Suisse blanche, celui que l’on observe de loin, entre fascination et méfiance, celui que les enfants appellent « nègre » lorsqu’ils le croisent dans les rues. De cette expérience, il tirera deux ans plus tard un texte, Un étranger au village. Partant des images filmées de l’écrivain marchant à travers le village, Davide-Christelle Sanvee, artiste plasticienne et interprète, a conçu une performance qui explore les ressorts du racisme, comment il naît de la peur, son ancrage à la fois intime et historique dans les corps et les êtres. Au cœur de cette plongée : le regard, qui stigmatise, hante, regard obsédant braqué sur celui qui est différent, regard auquel on n’échappe pas. Évoluant au milieu du public, mêlant rêve et réalité, croisant humour mordant et visions plus sombres, elle donne vie à des images d’archives et des récits, invoque le cinéma pour déployer avec lucidité les manifestations du rejet de l’Autre au motif de sa couleur de peau.